Les « Ouchebtis »& « chaouabtis » du Musée
« Ouchebtis », « chaouabtis », au Musée municipal Josèphe Jacquiot.
Plusieurs de ces petites statuettes, que l’on nomme suivant l’époque « ouchebtis» ou « chaouabtis », vous attendent dans les vitrines du Musée.
Momiformes ou figurées en costume des vivants, faites en bois, en bronze, ou faïence égyptienne, elles accompagnaient le défunt dans sa tombe.
Quel était leur rôle ?
Elles apparaissent au Moyen Empire, sont alors peu nombreuses et considérées tout d’abord comme substituts du défunt, puis serviteurs funéraires. En avançant dans le temps leur nombre augmente, c’est ainsi qu’à la Basse Epoque il n’est pas rare d’en trouver plusieurs centaines pour un même défunt. L’ancien égyptien croyait vivre une seconde vie après la mort. Elle serait à l’image de sa vie terrestre, avec tous les avantages que cela comportait, mais il pouvait aussi être appelé à faire des corvées dans l’au-delà. Ces petites statuettes devaient alors, par magie, s’animer et le remplacer pour ces travaux. Elles portent souvent des inscriptions donnant le nom du défunt et cette formule précisant leur rôle « …Si je suis désigné pour faire tous travaux dans l’empire des morts…pour cultiver les champs, pour irriguer les rives….me voici ! diras-tu. »
L’un de ceux présentés dans notre musée est prestigieux puisqu’il appartenait à Psousennès Ier, pharaon de la XXIe dynastie qui régna aux environs de 1000 av. JC. C’est une petite statuette en bronze, momiforme, coiffée de la perruque tripartite. Une ligne d’inscription verticale donne le nom du roi, inscrit dans un cartouche (fig. 1).
Plusieurs centaines d’ouchebtis en faïence et en bronze accompagnaient Psousennès Ier dans sa tombe. Mais évoquons encore quelques autres serviteurs funéraires fort intéressants que vous pourrez voir.
Celui de Neferrenpet, momiforme lui aussi, est en faïence d’un vert un peu terne peut-être, mais soulignons que Neferrenpet était un vizir de Ramsès II, XIXe dynastie. Dans une autre vitrine un magnifique exemplaire, en faïence d’un bleu étincelant, est présenté près d’une main momifiée (dons de Montgeronnais).
Enfin ne quittons pas la salle sans un regard pour celui de Pashedou, daté XIXe dynastie. Il peut retenir notre attention car il est en bois stuqué et peint, et surtout figuré en costume des vivants (fig. 2).
Bien d’autres œuvres antiques attendent votre visite au Musée.
L’entrée est libre, à bientôt…
De Michèle Juret
Conservatrice du Musée
