Joseph Steib : le facteur Cheval du nazisme
Le facteur Cheval du nazisme. Le premier réflexe aurait été de sauver Guernica de Picasso, pour son inestimable valeur esthétique et historique. Et pourtant, c'est un illustre inconnu qui emporte nos suffrages : Joseph Steib, 1898-1966.
On sait peu de choses du personnage. Une seule certitude, il travaille au service des eaux de la ville de Mulhouse. Un petit fonctionnaire discret, sans histoire. Si ce n'est que depuis le début de la guerre, en peintre amateur, il s'est lancé dans une série de tableaux qui fait frémir de peur madame Steib. Installé dans la cuisine de sa petite maison de Brunstatt, dans la banlieue de Mulhouse, Joseph s'adonne à un violon d'Ingres qui pourrait bien lui coûter la vie. Avec l'entrain naïf d'un facteur Cheval, parangon de l'art brut, mais avec l'acuité du stratège Sun Tzu, il peint comme un acharné plusieurs dizaines de toiles qui attaquent le régime nazi, ses barons et surtout, comme ici, son leader Adolf Hitler.