L’Eurovision, épisode 6 : Et là, c’est le drame…
Dernier jour à Copenhague pour le Montgeronnais dans les coulisses de l’Eurovision. Derniers instants partagés aux côtés de mes confrères européens. L’euphorie monte tout doucement, à quelques heures de la grande finale du concours de chant. La fatigue fait place à l’excitation. Sur les écrans de la salle de presse, les artistes s’époumonent une dernière fois avant leur ultime prestation de ce soir. La Suédoise, favorite des bookmakers, a la voix fatiguée. À l’inverse, Twin Twin, les représentants français, ont la banane. Ils viennent sans doute de livrer leur meilleure répétition. C’est pas pour autant qu’ils vont gagner ce soir. Mais qui, alors ?
C’est bien là le problème. L’un de mes grands dadas, ces dernières années, a toujours été de prédire avec justesse – mes chevilles vont bien, je vous rassure – les gagnants des précédentes éditions. Mais là, c’est le drame. Je suis perdu. Et j’entends bien faire partager cette douleur sourde qui m’afflige subitement. « Oh moi, moi je suis malheureux… », aurait dit n’importe quel tragédien grec. Bon. Je déconne, vous le savez. Tout ça n’est pas bien sérieux. N’empêche que je suis dans le brouillard absolu. Et je ne peux pas compter sur les autres journalistes qui, comme moi, sont dans le noir. Le « C’est qui qui gagne ? » dont je vous parlais en début de semaine a disparu des conversations.
L’envie de me mouiller et de sortir ma boule de cristal me démange quand même. Si j’écoutais la salle et le buzz des médias qui l’entoure, je vous dirais que c’est l’Autriche et Conchita Saucisse qui va gagner ce soir. D’autant plus qu’à notre grande surprise, sa chanson est apparue dans le top 50 iTunes de certains pays de l’Est. Des nations pourtant hostiles à ce genre de prédiction. Pour ma part, je suis tombé amoureux de la chanson suédoise, Undo, que j’écoute en boucle depuis des semaines. Va-t-elle gagner pour autant ? Pas sûr. Quand je regarde la programmation de ce soir, je me demande même si le Danemark ne va pas gagner une seconde fois. Sa chanson est ultra-efficace, un peu dans le style de Bruno Mars. Prévu en fin de concours, Cliché Love Song pourrait faire très mal. Mais comme tout le monde, je me laisserai pour une fois surprendre. C’est pas plus mal comme ça.
Après une semaine de couverture pour montgeronmaville.fr, entre autres, il est temps pour moi de rendre l’antenne, comme on dit. Merci une nouvelle fois d’avoir partagé cette douce folie à mes côtés. Et toute ma gratitude à Isa qui m’a offert cette tribune pour mon plus grand plaisir. Good evening Europe ! À l’année prochaine. Peut-être. Sans doute. On verra. C’est pas toujours moi qui décide.
Sébastien Barké
Twitter : @sebastienbarke