L’Eurovision, épisode 5 : on nous ment, on nous spolie !
Gueule de bois ce matin pour le Montgeronnais dans les coulisses de l’Eurovision. Et ce, sans la moindre goutte d’alcool. La faute à l’Eurovision. Ben ouais.
Pourtant, la seconde demi-finale d’hier soir s’est plutôt bien passée. La saucisse nommée Conchita a été sélectionnée sans accroc. Acclamée par la salle. Du jamais vu. Et quand bien même, fait rarissime, le show a été marqué par un problème technique au niveau du comptage des voix. Ce qui a retardé l’annonce des résultats de 5 bonnes minutes.
En revanche, les Européens ont choisi d’envoyer en finale la Pologne pour des raisons qui m’échappent. Ou pas. La chanson, de type folklorique, n’a rien d’exceptionnel. Toutefois, il est à noter que la mise en scène est un tantinet sexiste. Avec ici et là deux très belles femmes à la poitrine oppulante, l’une en train de laver du linge de manière sulfureuse, l’autre en train de battre le beurre, avec un regard plus que suggestif. Si c’est ça, l’image de la femme aujourd’hui en Pologne, je dis non.
Tout simplement. Les responsables polonais espéraient sans doute ici rééquilibrer le concours, au regard de la prestation toute en retenue et classieuse du travesti autrichien ? Je dis ça, je dis rien…
Ce matin, donc, je fais la gueule. Et je suis pas le seul. Pendant la nuit, les producteurs de l’émission (la chaîne danoise DR et l’Union Européenne de radiotélévision) ont décidé arbitrairement de l’ordre de passage de la finale de samedi 10 mai. Ce n’est pas une première, puisque c’était déjà le cas l’an passé à Malmö en Suède. Au préalable, ce type de programmation se faisait par tirage au sort. Mais les Suédois ont pris le parti de faire autrement, prétextant un certain rééquilibrage entre les chansons de la soirée. Soit. Pour se donner bonne conscience, ils ont toutefois prévu d’organiser un tirage au sort au préalable, pour définir si tel ou tel artiste passera en première ou seconde partie du show. Maigre consolation. Dès lors, nous, pauvres français, sommes passés l’an dernier en première position. Autant dire qu’à cette place, nous n’avions aucune chance de gagner. Pauvre Amandine Bourgeois. Cette fois-ci, nous passerons 14e. En plein milieu du concours, juste après l’une des favorites… la Suédoise Sanna Nielsen. La déception vient du fait que, pour une fois, nous avions avec Twin Twin, le groupe qui nous représente, une chance de nous démarquer, à défaut de remporter le pompon.
Dans le même état d’esprit, l’Ukraine – une autre favorite cette année – s’est vue octroyer cette première position que j’évoquais plus haut. Inutile de vous expliquer ici le choix des producteurs : pas question d’organiser le concours l’an prochain dans une nation instable. On peut les comprendre. Mais tout ça met en exergue le fait que, désormais, les producteurs d’une édition peuvent fortement influencer, voire décider de l’issue de la compétition. N’oublions pas non plus qu’ils ont en leur possession des données que, nous autres journalistes n’avons pas, à savoir les résultats des votes des deux premières finales.
Reste que l’issue de la compétition est, pour ceux qui ne sont pas dans le secret des dieux, un mystère. Cela fait d’ailleurs un bout de temps que le concours n’a jamais été aussi ouvert. L’Autriche peut-elle gagner alors qu’elle souffre de plusieurs handicaps (son ordre de passage en 11e position, et l’hostilité des pays de l’Est) ? La France peut-elle sortir la tête de l’eau et créer la surprise ? Réponse demain soir, à 21 heures, sur France 3. Les paris sont ouverts. Et pour l’heure, chez les bookmakers, c’est la Suède qui l’emporte.
Sébastien Barké