L’Eurovision, épisode 2 : Vis ma vie de journaliste
Le Montgeronnais dans les coulisses de l’Eurovision est de retour. Toujours parqué sous une tente, et accompagné de centaines d’autres journalistes européens. Tiens, au moment où je vous parle, même si en réalité je vous écris, deux d’entre eux viennent de courir à toute blinde, en poussant des hurlements, bardés de drapeaux représentant Saint-Marin. Eh oui, ce petit état participe aussi à ce concours de chansons (qui a dit « ça se trouve où » ?). Faut dire que leur représentante qui participe pour la troisième fois d’affilée est sur les écrans, en train de rabâcher son titre Maybe (« peut-être »). Elle aurait sans doute dû l’intituler Never (« Jamais »), tant Valentina Monetta peine depuis trois ans à se qualifier en finale. La pauvre.
C’est ça, la vie au centre de presse. Un endroit où, quand on se croise entre journalistes, on se pose aussi toujours la même question : « Dis, a ton avis, c’est qui qui gagne ? ». S’en suit toujours une longue discussion. Où les arguments fusent. Oui, l’Eurovision est quasiment une science, ici. Rien n’est laissé au hasard. L’ordre de passage, la chorégraphie, la géopolitique… Et dès qu’une chanson se fait entendre, tout ce petit monde la fredonne. En playback, le plus souvent. Vaut mieux.
En attendant mon bus pendant 90 minutes, hier soir dans le froid danois, aux alentours de minuit, un volontaire autrichien – qui n’a donc rien à voir avec la presse – est venu me parler. Wie geht’s ? Hormis la traditionnelle question évoquée plus haut, il m’a demandé si l’Eurovision était un événement en France. Je lui ai bien évidemment répondu par la négative. Son sentiment ? Les Français se croient supérieurs, et ne savent pas apprécier ce rendez-vous populaire. Ça aussi, on me le fait souvent remarquer. Sauf que, pour une fois, le mot « arrogant » ne m’a pas été jeté au nez. Mais ça ne saurait tarder. Voilà donc une des images que nous renvoyons aux autres. Ce n’est pas une surprise. Mais c’est bien d’en avoir conscience. Parce que cette remarque ne concerne sans doute pas que l’Eurovision.
Ce soir, c’est la première demi-finale sur France Ô, à 21 heures.
Pour notre part, nous l’avons déjà vue… trois fois. Chaque émission étant répétée… trois fois. Pas question d’improviser, et tout est calibré au millimètre près. Et s’il devait arriver un pépin, en direct, la régie finale remplacerait immédiatement le flux live par un enregistrement effectué hier au soir, dans les mêmes conditions, et au cours duquel les jurys professionnels ont d’ores et déjà attribué une partie de la note de chacun des participants de ce soir…
À demain !
Sébastien Barké